Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 21:53

 

Par balila
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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 23:46

 

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Et toujours ces hauts murs dont on cherche la faille
D'une main que l'espoir accroche à la muraille
Malgré la force vive et  les douleurs ardentes
D'un écueil arrimé à la pierre brûlante

 

***

 

Une ombre serpentine au-dessus des nuages
Cache la sombre nuit filante après l'orage
Et le jour qui s'éteint éclipse pour longtemps
Les contours de ton corps qui s'en va en claquant
La porte

***

Et morte la saison aura cendré le ciel
D'une lave qui coule aux pourtours du soleil
Quand le feu loin de l'âtre agonise et endeuille
De silence une main accrochée sur le seuil
Brûlant

***

Tout meurt dans mon regard installé dans le vide
Laissé par ton départ. Tout s'étiole et se fane
Sur le mur de l'espoir que ma raison condamne,
Et nos rêves semés sous des cieux trop arides
S'achèvent

***

La vie s'était offerte, entière...

***

Entière... Et impuissante à propulser le flux,
Puisqu' elle a, sans répit, épuisé l'énergie
Du corps qui s'en remet au coeur qui s'est perdu
Dans l'insondable faille où, à genou, l'infini
Gémit

***

De ces espoirs perdus...

***

Perdus le seront-ils en s'échouant ici...
Jamais rien ne se perd, les êtres et les choses
Ont le goût de l'échange. Ainsi l'âme qui fuit
Dans le silence entend l'archet d'un virtuose
Errant...

***

Erre en moi je t'en prie et larguons les amarres !
Il est temps de quitter la terre qui retient
Mon souffle et la lumière égarés en chemin
Depuis que sable et sel de mon âme s'emparent
Sans toi

***

Pourquoi, dans ce marais, je ne m'enfonce pas
Quand mon corps est trop lourd, que le froid m'emprisonne,
Quand la terre est un gouffre et le ciel bien trop bas
Pourquoi ma main se tend, pourquoi ma peau frissonne
Encore

Encore un peu de toi dans la douce clairière
Qui resurgit parfois quand mon esprit s'en va
Courir sur les chemins où nous allions naguère
Porter comme drapeau l'espoir d'un au-delà

Ici bas


Ici je ne fuis plus je prends et je respire

Le souffle qui me happe au coeur de ton sillage
Dans la brume qui passe et se pose et s'étire

En ombre serpentine au-dessus des nuages

Mirage...

 

 

(2007 - 2010)

 

 


Par balila - Publié dans : Alexandrins
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Mercredi 10 novembre 2010 3 10 /11 /Nov /2010 23:49

 

 

 

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Tu connais les mots

Je sais les endroits 

Tu sais l'envers

Je connais l'endroit

 

Une confusion

Dans la fusion

Une amertume

Dans le port

Des vagues  

En attente

Sur la houle

Au front de mer

Des éclairs

Et la lune

En partance

Un grain de vie

Et le vent

Qui te souffle 

La rosée du matin

Porte ouverte

Aux flancs

Des abysses

Tu coules

A la lisière

Tu te moules

Aux ornières

Et tu perds

La frontière

 

Allez viens

Je t'emmène

A l'endroit

A l'envers

Des décors

Et ton corps

Par endroit

Se renverse

Aux frontières

De mes vers

Mes décors

Emmène moi

Loin du port

Où la mer

Se perd

Dans le décor

Et se coule

Dans la chair

De nos corps

Au sel des fusions

  Confusion

Des corps

Encore

Emmène moi

Loin d'ici

Dans les abîmes

Où tu vis

Ces abysses

Qui se plissent

Sur la rive

D'un endroit

A l'envers

De mon décor

Cet endroit

Où je m'endors

Dans tes bras

Emmène moi...

 

Je connais les mots

Tu sais les endroits

Je sais l'envers

Tu connais l'endroit

 

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Par balila - Publié dans : Vers libres
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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 22:46

 

 

 

Des étreintes et rien d'autre

Et le temps qui martelle

La mémoire, son étau,

De laquelle jaillissent

Imprévisibles

Les tableaux accrochés

Que l'on voudrait, parfois,

Patiner


Quelques chandelles

Allumées

Quand la lumière du jour

Est absente

Quelques vagabondages

Dans la nuit

Des étreintes et rien d'autre


Un chiffon sur les songes

Quelques battements subsistent

Sur la tempe du rêve

En cascade

Emprisonnés

Dans le lit défait

Des étreintes passées


La douleur dans les bras

Bercée

Qu'on dépose au matin

Comme une brume

Eclatante

Dans le nid défait

Des amours envolées

Quelques brindilles

Dans les mains

Des étreintes,

Et rien d'autre.

 

 

 

 

 

 

Par balila - Publié dans : Vers libres
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Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 21:00

 

 

P1060353.JPG

 

 

Si tu savais comment il a tourné, le monde, depuis que tu étais

Dans l'arbre sur lequel, perchés, nous étions

A deux, l'étoile nous l'aurions dessinée

Sur la margelle du ciel, où nous serions

Epuisés de courir, à tant chercher

La pépite d'une terre à germer

  Qui nous aurait semés

Si nous n'avions été

Dans la courbe de cet hiver,

Qui fut.

 

Si tu savais comment il a passé, le temps, depuis que nous étions

Dans cette seconde, unis, au même cadran

Sous les aiguilles d'un horizon

Qui s'éclipse, aux heures fânées

De nos regards qui ne se croisent plus

Que sur les lettres de parchemins,

Ces pages éphémérides 

Comptant les jours de notre passage,

Les mille et un tourments,

De ceux qui furent.

 

Si tu savais, tous les rêves qui se sont éteints

Tous les gestes inutiles, les paroles consacrées,

Les feux brillant de larmes échouées,

La multitude d'ombres sur un monde qui tangue,

Assèche les élans, et dérive aux déserts.

 

Si tu me savais là, où je me suis perdue,

Si tu savais, que je n'entends plus rien,

Parce que le battement des coeurs

N'est plus qu'un souvenir lointain

 

Si tu savais le bruit du silence

Depuis que tu étais

Ce que nous fûmes,

Saurais-tu seulement

Dans l'instant qui nous a confondus

Ou dans celui qui nous a déchirés

Ce que nous aurions pu devenir

 

Devenir, être, avoir...

 

N'avoir qu'à être pour devenir

Ou n'être qu'en devenir d'avoir à être

Ou naître, seulement, et savoir devenir


Qui sait qui saura qui deviendra

 

Si tu me savais là, où je me suis perdue,

Où serais-tu

 

 

 

 

 

 

 


Par balila - Publié dans : Vers libres
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 00:08

Texte écrit avec les contraintes suivantes :

 

Il vous appartiendra de composer un texte rayonnant autour de cette citation de Lamartine :
Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
de la façon qui vous plaira : illustration, allusion, ce que vous voudrez. Il ne sera pas obligatoire de faire apparaître la phrase dans votre texte mais la référence devra être indiscutable.
Vous ferez figurer dans votre création les 4 mots suivants :

journal -tomber-tomate-New York

 

***

 

"- Aurore ?
- Oui...
- Comment tu définirais le mot objet ?
- Tu sais qu'il y a trois dictionnaires sur l'étagère ?
- C'est ta définition qui m'intéresse"
 
C'était ainsi depuis qu'Aube s'était mise à écrire, c'est à dire depuis deux ou trois ans. Et malgré ses remarques, Aurore se prêtait volontiers à ce jeu des questions réponses auxquelles sa soeur la soumettait. Elle leva les yeux de son livre de physique.
 
"Bon, alors... Je dirais.. Tout élément sans vie créé par l'homme et qui a une utilité.
- Hum... Si j'osais je te demanderais bien la définition d'élément, dit Aube... Non, je plaisante ! Cela dit, si je donne un jour cette définition à des enfants, il y a fort à parier qu'il y en ait au moins un qui me la pose".
 
Aube se destinait au métier de professeur des écoles, et elle ne manquait jamais d'y faire référence tant elle avait hâte d'entrer dans cette nouvelle vie.
 
"Chose, c'est mieux ? proposa Aurore
- Mmmmouais.... Donc.... Un objet est inanimé, nous sommes bien d'accord. Mais, a-t-il une âme ?
- Tu t'en poses des questions toi c'est dingue ! T'es encore en train de participer à un concours de nouvelles j'imagine....
- C'est pas faux ! T'es trop forte grande soeur"
 
Aurore et Aube étaient jumelles et avant même de le connaître, elles avaient, d'un accord tacite, décidé de l'ordre de leurs naissances. Aurore était la grande, Aube la petite. Nées aux premières lueurs du jour, le choix de leurs prénoms furent une évidence pour leurs parents.
 
"Et quel est le sujet du concours ?
- "Les objets inanimés ont-ils une âme"
- Tu sais quoi ? Tu devrais plutôt te diriger vers la philo toi.
- Ah mais non ! Imagine les questions que vont me poser les enfants... Des questions que même nous on ne se pose plus et qui pourtant nous mettent en difficulté, c'est pas génial ? Tu repars en arrière parce que soudain tu t'aperçois que ce qui est acquis est à redéfinir. Un objet, je sais bien ce que c'est, mais le définir, c'est autre chose. Tu es obligée de penser autrement, de fouiller ton savoir et de trouver le mot juste pour offrir une explication qui ne souffre aucune remarque. Encore que, avec les enfants... Bon, alors, je reprends... Inanimé, ok, ça c'est bon. Mais âme..."
 
Comme à son habitude lorsqu'elle poussait la réflexion à son extrême, Aube mâchonnait bruyamment le bouchon de son stylo, les yeux fixés sur les photos d'enfants de tous pays qu'elle avait scotchées au fur et à mesure des années, et qui tapissaient entièrement le mur au-dessus de son bureau.
 
"- Aurore ?
- Quelle est ma définition du mot âme, c'est ça ?"
 
Aube se retourna pour offrir à sa soeur son si joli sourire et son regard malicieux.
 
"Alors ?
- Punaise ! Tu n'as pas besoin de la définition pour écrire ton histoire que je sache ?
- Ben non, mais ça peut aider mon imaginaire, tu comprends ?
- Non. Et puis arrête de mâchonner ce bouchon, ça m'agace.
- Ok.... Je vais aller cueillir une tomate au jardin, ce sera plus nutritif, et puis je trouverai peut-être l'inspiration..."
 
Aube quitta la chambre au grand soulagement d'Aurore qui, dans le même temps, laissa tomber son exercice de physique. Elle se leva, se dirigea vers le salon et s'affala sur le canapé, envisageant de lire le journal que son père avait laissé sur la table. Mais le "New York Times" ne l'inspirait guère et la paresse l'ayant envahie, elle y renonça au profit d'une petite promenade dans le jardin où elle trouva Aube assise dans le potager, devant un pied de tomates.  
   
"Tu fais dans la contemplation maintenant ?
- Je suis comme une âme en peine figure-toi... Je me demande si le tuteur a une âme...
- Et ?
- Je suis perplexe... En même temps je me dis qu'il a quand même eu une grande utilité dans sa vie : permettre à la plante de se tenir debout pour supporter ses fruits. C'est donc un peu l'âme de la tomate ce tuteur, non ? Et puis aussi la terre et la pluie qui l'ont nourrie. Voilà !!!! ça y est j'ai trouvé !"
 
Aube se leva d'un bond et se planta devant Aurore.
 
"Tu connais l'origine du mot âme ?
- Pas eu vraiment le temps de me pencher sur le dictionnaire depuis tout à l'heure, alors je m'incline, vas-y.
- Ça vient du grec "anima", dont la signification primitive est souffle, vent, et par extension, respiration, vie, esprit, âme.
- Je sens venir un vent nouveau...
- En fait, c'est au souffle qu'il faut s'attacher. Enfin, façon de parler hein, parce que s'attacher à un souffle... Tiens, ça ferait un beau sujet ça aussi ! Donc, si le sens premier est souffle, ça veut dire qu'il y a de la vie. Et un objet est forcément issu du vivant au départ puisqu'il a été créé avec une matière façonnée par la main de l'homme qui lui a donné forme, et vie ! Cette matière est à l'origine de l'objet qui lui même sera à l'origine d'un mouvement humain, puisqu'il va  transmettre quelque chose à celui qui le possédera, par son utilité, l'émotion qu'il suscite, l'histoire qu'il rappelle... Et sa longue traversée des époques, quand bien même elle l'aura abîmé ou transformé, fera de lui un passeur de vie en quelque sorte. Il contient une mémoire, tu comprends ? Comme nous finalement, notre mémoire, on ne la voit pas, on ne sait même pas à quoi elle ressemble, et pourtant toute notre vie s'y trouve, tout ce qui nous fait réagir est issu de cette petite boîte noire, comme dans les avions, tu vois ? Une mémoire morte peut-être mais qui donne sens à la vie..."
 
Aube cessa soudain son envolée.
 
"C'est complètement incohérent ce que je dis ? T'as l'air toute chose...
- Je suis en train de penser à ton bouchon de stylo d'un coup."
 
Un grand rire complice retentissait lorsque Jean passa le portillon ouvrant sur le jardin.
 
"Et bien les filles, quelle est l'origine de cette bonne humeur ?
- L'âme d'un bouchon de stylo, Papa."
 


 


 

Par balila - Publié dans : Nouvelle
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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 23:14

 

 

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J'ai pris des bains de minuit
Dans les flaques de l'oubli
Quelques pétales de roses
Eparses ont poussé

Dans un bouquet
De ronces éparpillées


J'ai pris des bains de sable
Sur les plages du temps
Quelques grains de sel
Sont tatoués sur ma peau
Dans un florilège d'étoiles
Que le ciel déverse
Dans les bras du vide
J'ai pris des bains de vie

 

Par balila - Publié dans : Vers libres
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Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 19:58

 

 

 

(Un conte entre nous, c'est tout ce qui compte....)

 

 

Un élément du grand tout, voilà ce que nous sommes, et ce "sommes" résonne comme une addition... Les uns aux autres enchaînés, traversant le temps qui nous est commun, de maillon en maillon la chaîne s'allonge.

Mais aucun compte n'est jamais bon...

Car il suffit de trois fois rien pour qu'un maillon rouille, pour qu'un autre ne puisse joindre les deux bouts entre les quatre murs des quatre coins du monde...

Car il suffit de trois fois rien pour qu'en fin de compte, en deux temps trois mouvements il se retrouve vingt mille lieues sous les mers avec pourtant les deux pieds sur terre...

 

Toute la vie nous comptons... Un deux trois soleil dans la cour de l'école, un seul caillou pour la marelle de la terre jusqu'au ciel, les moutons à cinq pattes dans un conte des mille et une nuits... 

 

Toute la vie nous comptons... Pour qui, pourquoi, pour combien de temps, jusqu'à quand, jusqu'à où ?

 

Des petits riens d'un grand tout, voilà ce que nous sommes, avec parfois les cinq sens à six pieds sous terre, un trèfle à quatre feuilles échoué entre les dents du bonheur...

Par balila
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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 23:22

 

17 h 40… J'hésite.

Tourner à gauche vers la zone commerciale ? A vrai dire je n'ai pas vraiment envie de m’encombrer d'un caddie, ni même de la présence de tout ce monde qui grouille sous les néons après une journée de travail, pas non plus l'envie de remettre un pull pour affronter la clim à -10 (oui, je sais, j'exagère) alors qu’il fait 35 dehors (non, là je n'exagère pas), pas plus d'envie de choisir entre le conté et le gruyère, entre la file de gauche qui n'avance pas et la file de droite qui bloque sur le prix d'un paquet de shewing gum.

Je prends à droite, direction la maison, quartier sud est de la ville.

Devant moi un bus. Premier arrêt, impossible de doubler. J’attends patiemment le second... Nous y sommes. Le bus affiche son clignotant à droite et je m’apprête donc à mettre le mien à gauche quand, après avoir ralenti, le voilà qui repart sans même s'être arrêté ! Bon... Je vais donc le suivre encore un petit moment, en attendant le troisième arrêt... Soudain, semblant surgir de nulle part, un homme se précipite en agitant désespérément le bras droit tandis que le gauche peine à tenir seul un sac à dos bien rempli. Mais le chauffeur n'a rien vu et le bus s'éloigne.

Sans réfléchir je pile net et dans la foulée je fais une embardée à peine contrôlée le long du trottoir en appuyant sur le warning. Ouf ! Il n'y avait personne derrière, j'ai un peu oublié de vérifier dans le rétro...

Je me penche au-dessus du siège passager en essayant de capter le regard de l’homme qui gesticule encore sans plus aucun espoir pourtant, et qui finit par me voir en se retournant dans le même temps comme si j’appelais quelqu’un d’autre. Alors que nos regards se croisent, d’un geste de la main je l’invite à approcher puis à monter dans ma voiture, ce qu’il fait sans vraiment comprendre. Il s’assoit et referme doucement la portière comme s'il ne voulait pas déranger. Le cheveu blanc en bataille, la sueur collée à sa chemise, il me regarde d’un air interrogateur, tandis que je lui demande :

- Vous allez où ?
- Heu… Attends... (un léger accent que je ne situe pas très bien).

Il comprend à cet instant que je lui propose de remplacer le bus qu’il vient de rater et plante son regard bleu dans le mien avec un sourire dont je me souviendrai longtemps.

Il fouille son sac, je reprends la route.

- Vous vous étiez endormi ? dis-je en souriant
- Non ! Je crois il s'arrête ? I'm wait et il part !! Je lève... bras, but... Il ne voit pas ??? (toujours pas saisi l'origine de l'accent, mais a priori on va pouvoir communiquer)

Son doigt parcourt la ligne d'un courrier.

- Thé.. â.. tre de…
- De Provence ?
- Archééévééchééé ?
- Théâtre de l’Archevéché. C’est au centre ville
- Vous… Allez ???
- Je vais passer par le centre ville, yes, I go there
- Oh !!!

De nouveau ce regard ravi qui plonge dans mon sourire !

- Thank you, merci…
- De rien (comment on dit ça en anglais déjà, pfff… ça m’agace ! Du coup je continue, histoire de dire que je parle un peu sa langue). I often take the bus, and I know… I know… (I know quoi… Punaise, ça revient pas ! Je sais ce que c’est que de rater le bus, quoi...)
- Difficult ?
- Yes ! (on se comprend bien finalement...)
- You... Habite Aix ?
- Oui
- And you ?
- Berlin

Je comprends mieux l'accent... A la croisée des chemins entre plusieurs pays, frontières égarées dans le labyrinthe des langues...

Allez, je tente l’indiscrétion :

- What are you doing at Aix (in ? at ? of ? Au secours !)
- Chanter... Opéra Mozart pour juillet.
- Juillet ? Qui est-ce ? (Non, je plaisante... C'est juste passé dans ma tête, je ne vais pas me lancer dans l'humour sinon on ne va pas s'en sortir)

- Ah oui, le festival ! You stay for a long time in the city ? (Alors là, bravo, c'est sorti d'un seul coup d'un seul ! Pas très sûre du "in" quand même...)

Il lève sa main droite, me montre son pouce et son index tendus.

- Two monthes ? (trop forte !)
- Oui
- I saw an opéra a long time ago
- Ah oui ?
- La flûte enchantée
- Oh ! Do you like it ? It’s niiiice !
- It was nice, yes, but I like understand… paroles ? (bigre, paroles... words ? non, ça c'est "mots". Tant pis...), and I did’nt understand nothing.
- Not important, musique is nice !

Je double le bus qu’il a raté.

- We’ll arrive before the bus !
- Yes !! s’écrie-t-il comme un enfant en jetant un regard moqueur au chauffeur.

Quelques bribes de conversation plus tard…

- I stop (hum... y a sûrement mieux...) you à La Rotonde, you know it ?
- Yes... And I have plan.
- Ok, the theatre is not far
- C'est... Good.

Je remonte l’avenue Victor Hugo et m’engage sur la voie circulaire, encombrée à cette heure, qui tourne autour de la fontaine. C’est un peu notre Arc de Triomphe à nous, Aixois, cette Rotonde où convergent trois axes routiers venant de différents endroits de la ville. Tandis que je suis occupée à surveiller le flot de la circulation pour tenter un stationnement sur un endroit non gênant, mon Berlinois fouille son portefeuille.

Un petit malaise m'envahit... Il ne va pas me payer quand même ?

Je mets mon clignotant à droite, stationne et tire le frein à main.

Et là, surgit de son portefeuille une petite carte qu’il me tend avec une joie non contenue et un air de reconnaissance qui me touche beaucoup.

- Si vous viens à Berlin…

Je lis la carte en souriant, soulagée...

- Merci... Wilfried...

Plus besoin de mots, les regards suffisent à l'échange et deviennent alors notre langue commune. Il me tend la main, serre la mienne chaleureusement, sort, referme doucement la portière, se penche à la fenêtre et dans un dernier geste m’envoie un baiser de la main.

On ne se reverra probablement jamais, mais peu importe. La chaleur humaine qui nous a habités le temps d'une rencontre imprévue gardera le goût de ces plaisirs tout simples que la vie nous offre, et dont je m'imprègne avec bonheur à chaque fois qu'ils croisent ma route...


 

(Juillet 2009)

 

 

 

Par balila - Publié dans : Chroniques du quotidien
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Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /Oct /2010 00:27


Laissons nous porter...

Au bruit des rêves
Que font les mots
Sur l'horizon léché
Par le sel et la lumière,
Au printemps qui appelle
Le corps et la sève
Quand nos coeurs se soulèvent
Quand nos torrents débordent
Quand le matin se tait
Ou que le soir s'éveille

Laissons nous brûler...

Par le silence des mots
Qui dorment dans les rêves
Debout sur l'horizon,
Par la sève des corps
Qui brûlent d'impatience
Accrochés aux branches

D'une mémoire bourgeonnante

Laissons nous aimer...

 

Quand le soir souffle dans l'impasse
Ou que le matin déchante
Mais que rien ne s'efface...

 


Par balila - Publié dans : Vers libres
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